Qu’est ce que la critique et pourquoi critiquons-nous ?

NE CRITIQUEZ PAS, NE JUGEZ PAS : IL EST PLUS ENRICHISSANT DE POUVOIR EXPERIMENTER D’ABORD LES CHOSES PAR VOUS-MEME…

Qu’est-ce que la critique ?

Trivialement, faire une critique, c’est formuler un jugement négatif, expliquer un avis divergent, dire pourquoi l’on n’est pas d’accord. Au sens le plus immédiat, les pensées critiques, ce sont celles qui, d’une manière ou d’une autre, se montrent contestataires de l’ordre existant […]

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Ne critiquez pas, ne condamnez pas, ne vous plaignez pas…


Lorsque l’on étudie la vie d’Abraham Lincoln on s’aperçoit qu’en général, il manie la critique avec une extrême précaution et fait tout pour conserver l’amour propre de ceux à qui ils ferait des reproches.

Au lieu de condamner les personnes, il est préférable de les comprendre, de découvrir le mobile de leurs actions. Cela est beaucoup plus agréable et productif que de critiquer, et cela nous rend plus tolérants, compréhensifs et bons sans les offenser ou provoquer de la rancune.

Traitez les gens de la manière dont vous auriez souhaité qu’ils vous traitent. Ne dites rien à personne qui pourrait les (vous) vexer ou attrister si quelqu’un devait vous le dire…


Enregistrement audio de la séance :


Texte support
Butler, J., 2004, “What is Critique ? An essay on Foucault’s Virtue”, The Judith Butler Reader, Blackwell, Oxford, p. 302-322.


Bibliographie indicative
Foucault, M., 1990 [1978], « Qu’est-ce que la critique ? »,

Bulletin de la Société Française de Philosophie, vol. 84, n°2, p. 35-63.

L’INSTINCT DE SURVIE :  » LA SOBRIETE HEUREUSE « …

A quand le retour à une véritable humanité ?
Nous perdons le contrôle de notre vie sur terre…

Ecologie ou EcosystèmeQue pensez-vous de cette maxime :
« Science sans conscience,
n’est que ruine de l’âme… »

Je me faisais la réflexion hier même, et bizarrement je tombe sur cette vidéo : l’argent a pris le pouvoir. On a l’impression de ne vivre désormais qu’à travers cet instrument de « socialisation » mais surtout de domination.

Je parle ici de socialisation en ce sens que l’on a vraiment l’impression aujourd’hui et notamment dans les sociétés dîtes modernes, que si vous n’avez pas accumulé un certain nombre de biens, que l’individu lambda n’est pas reconnu en tant que tel mais plutôt considéré comme non intégré à la société…mais quel est le véritable enjeu de cette fameuse société, bâtie sur quel modèle, par qui et pourquoi ? Nous perdons le contrôle de la vie sur terre…Qui tirent les ficelles et quelles perspectives pour la planète ?

LA VIE CE N'EST PAS AVOIR & OBTENIR...

L’imposture du bien-être au travail : êtes-vous heureux Zuitton ?🤔😁

L’imposture du bienêtre au travail

chuuut

Étonnant phénomène auquel nous sommes de plus en plus confrontés ; les entreprises saupoudrent les organisations de messages bienveillants, d’incitations à être joyeux, à partager des activités, séminaires hors temps de travail, évènements en tout genre, à faire du sport… et brandissent l’étendard du bienêtre au travail à chaque respiration sur les réseaux sociaux. Il nous est quotidiennement fait l’injonction d’être heureux… pour bien travailler! Quand cesserons-nous l’imposture ?

Vous avez même pu lire sur ce site le post d’un coach qui conseillait aux managers « de proposer à ses salariés de pratiquer plus d’activités sportives pour être joyeux (…) car ils seraient plus productifs ! ».  La messe est dite ! A quand des préconisations sur notre activité sexuelle ? Cela nous guette ! Le petit livre rose du salarié parfait !

Une cliente s’agaçait dernièrement parce que je n’avais pas assez « creusé » lors d’un entretien la vie privée d’un candidat que j’avais recruté. J’étais passée à côté d’une dépression qu’il avait faite après un divorce il y a 3 ans. Le monsieur s’étant épanché autour d’un repas, elle s’indignait de mon investigation trop légère à ses yeux.

Untel a été malade, unetelle sort d’un deuil éprouvant … alors on hésite. Mais où va-t-on ? A l’heure où nos législateurs travaillent d’arrache-pied à protéger nos données personnelles, on demande aux cabinets de devenir détective privé ou psychiatre, et de sélectionner des candidats telles des tomates : « calibrés », du même rouge, de la même taille, sans défaut apparent.

Pour l’avoir expérimenté, je tiens à vous faire part de mon intime conviction ; celui qui est passé par une traversée du désert et se relève à tout autant à apporter à une équipe que le candidat orthonormé qui, en apparence, ne connait ni l’échec ni la souffrance. C’est cette complémentarité d’ailleurs qui me semble riche de sens. Et c’est dans l’épreuve qu’elle se soude.

Une équipe n’est pas un groupe d’individus clonés. Nos singularités nées de notre histoire font de nous notre richesse. Le collectif assure également à chacun l’appui quand l’un de ses coéquipiers tombe.

J’entends déjà mes détracteurs se moquer de ce qu’ils pensent être une vision naïve de nos organisations. Il s’agit peut-être de mon utopie mais j’ai la chance extraordinaire de vivre cela au quotidien dans mon entreprise et je tente de transmettre à mes clients ce message.

Dernier point incontournable pour en finir avec ce relent de moutarde qui me pique le nez ; quand les managers cesseront d’envoyer des mails à minuit, le we, en attendant qu’il soit fait réponse, quand les salariés pourront déconnecter les téléphones, ne plus travailler 12 heures par jour parce qu’on n’a pas remplacé le collègue parti en retraite, je pense qu’on assistera peut-être un vrai mieux être (pas au travail… non non…) juste dans la vie.

source : Elvire Daudigny Del Fondo, audigny consulting, consultante en ressources humaines

Une bouteille d’eau pliable en vente chez Mark & Spencer après le licenciement de Dragons ‘Den

Un entrepreneur a défié un Dragons ‘Den sceptique en signant un contrat de distribution avec Marks & Spencer pour sa bouteille d’eau pliable : deux ans après le rejet de cette idée par les cinq Dragons de la BBC.

Dragons Den - LtoR: Theo Paphitis, Peter Jones, Deborah Meaden, Duncan Bannatyne, James Caan

Les cinq étoiles de Dragons ‘Den de la BBC ont rejeté l’idée d’une bouteille d’eau pliable, qui est maintenant en vente chez Marks & Spencer.

Guy Jeremiah a initialement présenté son idée de bouteille d’eau pliable à cinq magnats du monde des affaires, dont Peter Jones et Theo Paphitis, dans l’émission de la BBC Dragons ‘Den, il y a deux ans. Tous les dragons ont rejeté l’idée, M. Paphitis ayant déclaré à l’entrepreneur que c’était un de ces moments où j’avais vraiment envie de me planter dans les yeux.

Mais M. Jeremiah a défié le scepticisme des Dragons de poursuivre son idée de la bouteille pliable, qui est commercialisée comme une alternative peu coûteuse et respectueuse de l’environnement à l’achat d’eau en bouteille. Il a vendu 100 000 bouteilles et signé un contrat de distribution avec Marks & Spencer. La chaîne vend la bouteille, appelée Aquatina, près des caisses et dans ses rayons de plats à emporter, selon le Daily Mail.

L’Aquatina est également en vente dans 15 autres pays, dont l’Allemagne, l’Australie et l’Espagne. Son design en accordéon signifie que, une fois compressé, le flacon correspond à un tiers de sa taille initiale et est suffisamment petit pour être transporté dans un sac à main ou une poche.

Lesley Saunders, experte en alimentation chez M & S, a déclaré que le produit était « parfait pour les mois d’été lorsque vous êtes en déplacement et que vous avez besoin d’une bouteille d’eau à portée de main sans avoir à transporter quelque chose de lourd ».

« C’est un réel vote de confiance que M & S ait repéré les avantages environnementaux et commerciaux des bouteilles pliantes. Avoir des bouteilles pliantes Aquatina disponibles à l’échelle nationale et internationale signifie que nous sommes maintenant dans cette position luxueuse de pouvoir jeter les Dragons de côté et non l’inverse », a déclaré M. Jeremiah.

L’eau en bouteille n’est pas aussi sûre que la variété du robinet.

Une étude a suggéré que l’eau embouteillée coûte beaucoup plus cher que l’eau du robinet mais n’est pas plus saine pour les consommateurs.

L'eau en bouteille n'est pas aussi sûre que la variété du robinet
Photo : GETTY IMAGES
Une bouteille d’eau ouverte n’a aucun moyen de rester stérile et doit donc être bue quelques jours plus tard, a-t-on affirmé.

Les chercheurs ont découvert que les variétés en bouteille sont soumises à des tests d’innocuité bien moins rigoureux que l’eau du robinet et sont beaucoup plus susceptibles d’être contaminées ou de devenir une source d’infection.

Bien que l’eau du robinet doive être contrôlée quotidiennement dans le cadre d’un régime d’inspection rigoureux, les fabricants de bouteilles embouteillées ne sont tenus d’effectuer que des tests mensuels à la source, a-t-on affirmé.

L’eau du robinet contient également des traces de chlore qui empêchent la propagation de tout ce qui est dangereux, comme les infections bactériennes, a-t-il été rapporté.

Mais une fois remplie et scellée, une bouteille d’eau peut rester en stock pendant des mois avant d’être vendue et ne contient aucun additif désinfectant tel que le chlore.

Une bouteille d’eau ouverte n’a aucun moyen de rester stérile et doit donc être bue en quelques jours. Cela peut coûter jusqu’à 1000 de plus.

«L’eau provenant des robinets britanniques est la plus rigoureusement testée au monde», a déclaré le professeur Paul Younger, de l’Université de Glasgow.

«Les gens pensent qu’il doit y avoir quelque chose qui ne va pas avec l’eau du robinet car elle est tellement bon marché et abondante. Mais du point de vue de la sécurité et du prix, l’eau du robinet est meilleure pour vous.

« Si la bouteille est ouverte par inadvertance ou si quelqu’un la manipule, elle peut facilement être contaminée. »

Prof Younger, l’auteur de Water : All That Matters, a ajouté au Daily Mail : «Il y a certainement plus de chances que vous trouviez quelque chose de nocif dans l’eau embouteillée que dans les robinets.»

« Idéalement, il devrait être bu le jour de son ouverture, car il peut facilement capter les bactéries des mains ou du visage de quelqu’un. »

On estime que les Britanniques dépensent environ 1,5 milliard de livres sterling en eau embouteillée chaque année. Les experts disent que nous buvons 33 litres d’eau en bouteille par an, qu’il s’agisse d’eau minérale ordinaire, gazeuse ou d ‘«eau du robinet purifiée».

Des études de marché, Mintel, ont constaté que près du quart des personnes qui boivent de l’eau en bouteille à la maison le disent parce qu’elles pensent que c’est «meilleur pour elles» que l’eau du robinet.

Sue Pennison, de l’Inspection de l’eau potable, qui vérifie les fournitures domestiques, a déclaré au journal que sur plus de quatre millions d’échantillons d’eau du robinet l’an dernier, 99,96% avaient satisfait à des normes strictes.

Elle a déclaré: « L’eau du robinet est potable, tout le reste est un choix de vie personnel. »

Mais Jo Jacobius, directeur de British Bottled Water Producers, a déclaré que toute l’eau disponible en Grande-Bretagne était «hautement réglementée et généralement de bonne qualité».

La plupart des compagnies d’eau embouteillée testent leurs produits quotidiennement.

L’eau minérale naturelle en bouteille doit provenir d’une source souterraine officiellement reconnue, être mise en bouteille à la source et ne peut être ni traitée ni filtrée.

L’eau de source doit également être mise en bouteille à la source, mais elle peut être traitée ou filtrée. Provenant des rivières, des forages et des sources, l’eau du robinet est traitée et alimentée ou retenue dans des réservoirs de stockage.

Source : https://www.telegraph.co.uk/journalists/telegraph-reporters/

Japon : 5 coutumes à connaître avant la coupe du Monde de rugby

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DE LA LIBERTE DE CONSCIENCE : 2EME PARTIE…

SPÉCIFICITÉ DE LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE

Liberté de conscience (image)« Lorsqu’un homme découvre sûrement
***la vérité en toutes choses…***
lorsqu’il peut la saisir d’un regard
perçant et prompt tel l’éclair,
tout aussitôt la faire comprendre,
on le regarde à bon droit
comme un modèle de prudence,
et de sagesse ». Cicéron

«La liberté de conscience
ne commence pas à 18 ans!»
Résultat de recherche d'images pour "La liberté de conscience"Qu’est-ce que la liberté de conscience ?


En préalable, il faut noter que la notion de « conscience »  est marquée par l’origine latine du mot, co (cum) scientia, qui signifie connaissance partagée, voire confidence ou complicité. Cette étymologie met en évidence la valeur partagée de l’acte moral, ainsi considéré dans la conception classique. Ce dernier n’est pas subjectif et privé, mais objectif et collectif. La notion est donc ambivalente : elle correspond à la fois à la connaissance intime que le « moi » a de son propre état, de ses idées, de ses impressions, et à la faculté de discernement du bien et du mal, ainsi qu’à l’appréciation de la valeur morale des actes et des situations. Dans les deux cas, la conscience désigne un « lieu » intérieur (source de l’identité personnelle, ce que les juristes appellent « le for intérieur », lieu où l’on juge et décide « en son âme et conscience »). Alors que la « connaissance » articule les relations mentales avec le monde, la « conscience » dans la réflexivité, caractérise le sujet face à l’objet : l’être humain qui possède un savoir sur lui-même.

La notion de « liberté de conscience » est souvent mal comprise en étant réduite au for interne, simple fait de penser ce qu’on veut sans l’exprimer publiquement. C’est évidemment insuffisant, car personne ne peut s’avoir ce qui « se passe dans la tête » d’une autre personne. L’important est bien liberté publique de conscience. Cette liberté ne peut-être « absolue », en effet, si l’Etat tolère « l’objection de conscience », aucune disposition légale ne la reconnaît et cette objection peut poser divers problèmes au regard des lois générales.
cf. : Comment-les-enseignants-doivent-ils-concilier-le-respect-de-la-liberte-de-conscience-de-leurs-eleves-et-le-devoir-de-leur-apprendre-a-penser-librement/

<< LA LIBERTE COMMENCE LORSQUE
JE FERME LA PORTE DE L’IGNORANCE
DE LA PEUR DE L’AUTRE >>

Une définition complexe

Contrairement à la liberté de religion dont la définition paraît plus évidente, la liberté de conscience concerne une variété de convictions, individuelles ou collectives. En effet, les individus peuvent se considérer de multiples manières comme déistes, théistes,athéistes, agnostiques, indifférents,humanistes, libres penseurs ou adeptes de divers courants philosophiques, sans que cette liste soit exhaustive. Dès lors, les statistiques sont parfois lacunaires. Une raison spécifique est que, dans certains contextes sociaux ou nationaux,il est parfois dangereux d’affirmer sa liberté de conscience.


Selon la définition du conseil constitutionnel, c’est pour quelqu’un la liberté de se définir au regard des actes qui traduisent ses convictions, y compris ses convictions religieuses…

Quoi de plus précieux pour la conscience que de pouvoir librement unifier la vie et lui donner sens ? Cette liberté est une grande chose. Elle est un progrès, une acquisition finalement assez récente dans nos sociétés. Elle est aujourd’hui presque devenue pour nous une évidence, et nous sommes choqués quand nous voyons que des croyants veulent imposer à d’autres leur religion. Pourtant, il n’est pas si loin le temps où tous les Français devaient être catholiques, moins encore celui où l’église considérait ceux qui lui échappaient comme des hérétiques !

HERETIQUE

Description Hérésie

Dans l’Antiquité, le mot hérésie désignait simplement une école de pensée : le jardin d’Épicure était une telle haíresis. Au fil des conciles qui définirent progressivement les dogmes chrétiens durant le premier millénaire de notre ère, la notion d’«hérésie» fut fréquemment opposée à celle d’«orthodoxie».

Le dictionnaire de l’Histoire : hérésie, hérétique.

Une hérésie est une opinion contraire à la religion établie, dans un pays où la pratique de celle-ci est obligatoire. Le mot vient du grec hairesis (action de prendre choix). L’adepte d’une hérésie est dit hérétique.

La chronique nous apprend que des hérétiques ont été pour la première fois livrés aux flammes à Orléans, en 1022. Mais dans la chrétienté occidentale, c’est seulement à partir du XIIe siècle que l’Église officielle se préoccupa de combattre les opinions déviantes autrement que par la prédication. C’est que celles-ci mettaient en cause son autorité et sa place au sommet de la société.

Les premières victimes de la chasse aux hérétiques furent les disciples de Pierre Valdo. Ils furent très vite suivis par les cathares ou Albigeois


Dans la société d’hier, il fallait afficher son appartenance par des rites, des symboles. Aujourd’hui, il n’est plus de bon temps d’afficher des croyances trop affirmées. La discrétion de chacun serait ainsi le prix de la liberté de tous. Mais en réalité, n’est-ce pas une autre loi qui s’impose ainsi ? D’un côté comme de l’autre, c’est toujours du conformisme. La liberté de croire ou de ne pas croire, nous croyons l’avoir…


Sommes-nous vraiment libres ?

En ce domaine, nous sommes fréquemment « DANS L’ILLUSION », dupes de l’opinion que nous avons de nous-mêmes.

Nous croyants être des chrétiens, le sommes-nous vraiment ? (de l’application des principes de la religion). Nous pensons être incroyants, mais ne sommes-nous pas en réalité pleins de multiples CROYANCES et de CONVICTIONS ? Le philosophe Nietzsche il y a plus d’un siècle le laissait déjà entendre aux plus strictes rationalistes de ses contemporains : n’êtes-vous pas, leur lançait-il, « encore pieux ? » (Le gai savoir, § 344).

Notre rapport à nos convictions est souvent ILLUSOIRE, peuplé de malentendus et de ZONES D’OMBRES…

Y aurait-il donc d’un côté une personne humaine libre et parfaitement indépendante de toute influence et de tout contexte culturel et spirituel, comme si son existence même ne dépendait pas de cette histoire de valeurs que nous n’avons pas « inventées » ?
Y aurait-il de l’autre côté des « faits religieux », des objets que nous que nous pourrions observer de l’extérieur comme si nous étions d’une autre galaxie, et que nous pourrions « consommer » en fonctions de nos goûts ?

En réalité, nous sommes embarqués sur un vaisseau dont les structures sont FAITES D’IDEAUX, DE REGLES, D’ASPIRATIONS qui ont traversé les siècles. Les philosophes qui ont bâti les fondations du monde moderne étaient  des chrétiens. Les personnes qui tentent de s’immerger vraiment dans une autre civilisation n’auront pas de toute une vie pour intérioriser vraiment les règles qui y commandent la façon de comprendre le monde et de vivre en homme…

La liberté de conscience risque d’être une notion vide, purement négative et ILLUSOIRE, si elle ne s’accompagne pas d’une réelle PRISE DE CONSCIENCE.

La liberté de conscience

Quand et comment la liberté de conscience
a-t-elle vu le jour en France ?

Quels principes, notamment bibliques,
ont soutenu son émergence ?
Retour aux sources historiques.

À quand remontent les origines de la liberté de conscience ? Le risque d’anachronisme est grand si l’on en cherche des traces, ne serait-ce qu’à titre de signes avant-coureurs, dans l’Antiquité grecque et dans la Bible. Et pourtant, les personnages d’Antigone (qui choisit d’accomplir les rites funéraires pour son frère Polynice malgré l’interdiction du roi Créon) et de Socrate (qui préfère obéir « au dieu plutôt qu’aux Athéniens » en continuant de philosopher) symbolisent la primauté de conscience sur les décisions des pouvoirs humains.

Il s’agit néanmoins de protestations isolées contre l’injustice, plutôt que d’un plaidoyer construit en faveur de la liberté de choix et de convictions. Il en va de même dans le corpus biblique, depuis les sages-femmes hébreux de l’Exode (qui refusent d’éliminer les bébés mâles de leur peuple. 1) jusqu’aux apôtres Pierre (« Il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes ». 2) et Paul (« Soumettez-vous aux autorités, non seulement par crainte mais par motif de conscience » 3) : la conscience (sunéïdèsis, en grec) s’apparente davantage au discernement de la volonté de Dieu qu’à l’affirmation de la légitimité de toute pensée singulière.

C’est cependant dans la tradition chrétienne qu’apparaîtra, au XVIe siècle, l’expression de la liberté de conscience au sens moderne. Significatif à cet égard est le débat entre Erasme et Luther, le premier prônant le « libre arbitre » de la conscience autonome. 4), et le second lui opposant le « serf arbitre », liberté de l’homme mais soumise à la Parole de Dieu. 5) La dialectique entre ces deux conceptions de la liberté de conscience se retrouvera tout au long de l’histoire de la pensée depuis la Renaissance. Dès les premiers temps de la Réforme, Sébastien Castellion ira plus loin qu’Erasme, en défendant, après la mise à mort de Michel Servet à Genève, le droit de douter à égalité avec le droit de croire. 6) Au XVIIe siècle, dans son Traité théologico-politique, Spinoza distingue liberté de pensée et liberté d’agir selon ses pensées, pour soutenir la légitimité totale de la première, qui ne menace en rien l’État tant qu’elle ne débouche pas sur des actes 7 ; une telle prudence ne préservera cependant pas cette oeuvre contre sa saisie, puis son interdiction.

Raïf Badawi

Prix Sakharov du Parlement européen (2015) Raïf Badawi, militant saoudien des Droits de l’Homme, a vaillamment continué de diffuser ses opinions libérales pourtant modérées, malgré les pressions des autorités. Il a défendu par écrit le droit à la liberté de pensée et à la liberté d’expression, y compris des athéistes, et a réclamé l’ouverture de la société aux opinions d’autrui. Reconnu coupable d’avoir créé un forum où circulaient des commentaires de nature ‘blasphématoire’, il a été condamné une première fois à sept ans de prison et à 600 coups de fouet en 2013,puis une deuxième fois en 2014 à 1 000 coups de fouet et à dix ans de prison, en plus d’une amende de 1 million de rials (226 000 euros). Après une première flagellation publique, le fouet a été suspendu, mais la prison confirmée. Raïf Badawi a reçu en 2015 le prix Sakharov du Parlement européen.
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