Une bouteille d’eau pliable en vente chez Mark & Spencer après le licenciement de Dragons ‘Den

Un entrepreneur a défié un Dragons ‘Den sceptique en signant un contrat de distribution avec Marks & Spencer pour sa bouteille d’eau pliable : deux ans après le rejet de cette idée par les cinq Dragons de la BBC.

Dragons Den - LtoR: Theo Paphitis, Peter Jones, Deborah Meaden, Duncan Bannatyne, James Caan

Les cinq étoiles de Dragons ‘Den de la BBC ont rejeté l’idée d’une bouteille d’eau pliable, qui est maintenant en vente chez Marks & Spencer.

Guy Jeremiah a initialement présenté son idée de bouteille d’eau pliable à cinq magnats du monde des affaires, dont Peter Jones et Theo Paphitis, dans l’émission de la BBC Dragons ‘Den, il y a deux ans. Tous les dragons ont rejeté l’idée, M. Paphitis ayant déclaré à l’entrepreneur que c’était un de ces moments où j’avais vraiment envie de me planter dans les yeux.

Mais M. Jeremiah a défié le scepticisme des Dragons de poursuivre son idée de la bouteille pliable, qui est commercialisée comme une alternative peu coûteuse et respectueuse de l’environnement à l’achat d’eau en bouteille. Il a vendu 100 000 bouteilles et signé un contrat de distribution avec Marks & Spencer. La chaîne vend la bouteille, appelée Aquatina, près des caisses et dans ses rayons de plats à emporter, selon le Daily Mail.

L’Aquatina est également en vente dans 15 autres pays, dont l’Allemagne, l’Australie et l’Espagne. Son design en accordéon signifie que, une fois compressé, le flacon correspond à un tiers de sa taille initiale et est suffisamment petit pour être transporté dans un sac à main ou une poche.

Lesley Saunders, experte en alimentation chez M & S, a déclaré que le produit était « parfait pour les mois d’été lorsque vous êtes en déplacement et que vous avez besoin d’une bouteille d’eau à portée de main sans avoir à transporter quelque chose de lourd ».

« C’est un réel vote de confiance que M & S ait repéré les avantages environnementaux et commerciaux des bouteilles pliantes. Avoir des bouteilles pliantes Aquatina disponibles à l’échelle nationale et internationale signifie que nous sommes maintenant dans cette position luxueuse de pouvoir jeter les Dragons de côté et non l’inverse », a déclaré M. Jeremiah.

L’eau en bouteille n’est pas aussi sûre que la variété du robinet.

Une étude a suggéré que l’eau embouteillée coûte beaucoup plus cher que l’eau du robinet mais n’est pas plus saine pour les consommateurs.

L'eau en bouteille n'est pas aussi sûre que la variété du robinet
Photo : GETTY IMAGES
Une bouteille d’eau ouverte n’a aucun moyen de rester stérile et doit donc être bue quelques jours plus tard, a-t-on affirmé.

Les chercheurs ont découvert que les variétés en bouteille sont soumises à des tests d’innocuité bien moins rigoureux que l’eau du robinet et sont beaucoup plus susceptibles d’être contaminées ou de devenir une source d’infection.

Bien que l’eau du robinet doive être contrôlée quotidiennement dans le cadre d’un régime d’inspection rigoureux, les fabricants de bouteilles embouteillées ne sont tenus d’effectuer que des tests mensuels à la source, a-t-on affirmé.

L’eau du robinet contient également des traces de chlore qui empêchent la propagation de tout ce qui est dangereux, comme les infections bactériennes, a-t-il été rapporté.

Mais une fois remplie et scellée, une bouteille d’eau peut rester en stock pendant des mois avant d’être vendue et ne contient aucun additif désinfectant tel que le chlore.

Une bouteille d’eau ouverte n’a aucun moyen de rester stérile et doit donc être bue en quelques jours. Cela peut coûter jusqu’à 1000 de plus.

«L’eau provenant des robinets britanniques est la plus rigoureusement testée au monde», a déclaré le professeur Paul Younger, de l’Université de Glasgow.

«Les gens pensent qu’il doit y avoir quelque chose qui ne va pas avec l’eau du robinet car elle est tellement bon marché et abondante. Mais du point de vue de la sécurité et du prix, l’eau du robinet est meilleure pour vous.

« Si la bouteille est ouverte par inadvertance ou si quelqu’un la manipule, elle peut facilement être contaminée. »

Prof Younger, l’auteur de Water : All That Matters, a ajouté au Daily Mail : «Il y a certainement plus de chances que vous trouviez quelque chose de nocif dans l’eau embouteillée que dans les robinets.»

« Idéalement, il devrait être bu le jour de son ouverture, car il peut facilement capter les bactéries des mains ou du visage de quelqu’un. »

On estime que les Britanniques dépensent environ 1,5 milliard de livres sterling en eau embouteillée chaque année. Les experts disent que nous buvons 33 litres d’eau en bouteille par an, qu’il s’agisse d’eau minérale ordinaire, gazeuse ou d ‘«eau du robinet purifiée».

Des études de marché, Mintel, ont constaté que près du quart des personnes qui boivent de l’eau en bouteille à la maison le disent parce qu’elles pensent que c’est «meilleur pour elles» que l’eau du robinet.

Sue Pennison, de l’Inspection de l’eau potable, qui vérifie les fournitures domestiques, a déclaré au journal que sur plus de quatre millions d’échantillons d’eau du robinet l’an dernier, 99,96% avaient satisfait à des normes strictes.

Elle a déclaré: « L’eau du robinet est potable, tout le reste est un choix de vie personnel. »

Mais Jo Jacobius, directeur de British Bottled Water Producers, a déclaré que toute l’eau disponible en Grande-Bretagne était «hautement réglementée et généralement de bonne qualité».

La plupart des compagnies d’eau embouteillée testent leurs produits quotidiennement.

L’eau minérale naturelle en bouteille doit provenir d’une source souterraine officiellement reconnue, être mise en bouteille à la source et ne peut être ni traitée ni filtrée.

L’eau de source doit également être mise en bouteille à la source, mais elle peut être traitée ou filtrée. Provenant des rivières, des forages et des sources, l’eau du robinet est traitée et alimentée ou retenue dans des réservoirs de stockage.

Source : https://www.telegraph.co.uk/journalists/telegraph-reporters/

Japon : 5 coutumes à connaître avant la coupe du Monde de rugby

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DE LA LIBERTE DE CONSCIENCE : 2EME PARTIE…

SPÉCIFICITÉ DE LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE

Liberté de conscience (image)« Lorsqu’un homme découvre sûrement
***la vérité en toutes choses…***
lorsqu’il peut la saisir d’un regard
perçant et prompt tel l’éclair,
tout aussitôt la faire comprendre,
on le regarde à bon droit
comme un modèle de prudence,
et de sagesse ». Cicéron

«La liberté de conscience
ne commence pas à 18 ans!»
Résultat de recherche d'images pour "La liberté de conscience"Qu’est-ce que la liberté de conscience ?


En préalable, il faut noter que la notion de « conscience »  est marquée par l’origine latine du mot, co (cum) scientia, qui signifie connaissance partagée, voire confidence ou complicité. Cette étymologie met en évidence la valeur partagée de l’acte moral, ainsi considéré dans la conception classique. Ce dernier n’est pas subjectif et privé, mais objectif et collectif. La notion est donc ambivalente : elle correspond à la fois à la connaissance intime que le « moi » a de son propre état, de ses idées, de ses impressions, et à la faculté de discernement du bien et du mal, ainsi qu’à l’appréciation de la valeur morale des actes et des situations. Dans les deux cas, la conscience désigne un « lieu » intérieur (source de l’identité personnelle, ce que les juristes appellent « le for intérieur », lieu où l’on juge et décide « en son âme et conscience »). Alors que la « connaissance » articule les relations mentales avec le monde, la « conscience » dans la réflexivité, caractérise le sujet face à l’objet : l’être humain qui possède un savoir sur lui-même.

La notion de « liberté de conscience » est souvent mal comprise en étant réduite au for interne, simple fait de penser ce qu’on veut sans l’exprimer publiquement. C’est évidemment insuffisant, car personne ne peut s’avoir ce qui « se passe dans la tête » d’une autre personne. L’important est bien liberté publique de conscience. Cette liberté ne peut-être « absolue », en effet, si l’Etat tolère « l’objection de conscience », aucune disposition légale ne la reconnaît et cette objection peut poser divers problèmes au regard des lois générales.
cf. : Comment-les-enseignants-doivent-ils-concilier-le-respect-de-la-liberte-de-conscience-de-leurs-eleves-et-le-devoir-de-leur-apprendre-a-penser-librement/

<< LA LIBERTE COMMENCE LORSQUE
JE FERME LA PORTE DE L’IGNORANCE
DE LA PEUR DE L’AUTRE >>

Une définition complexe

Contrairement à la liberté de religion dont la définition paraît plus évidente, la liberté de conscience concerne une variété de convictions, individuelles ou collectives. En effet, les individus peuvent se considérer de multiples manières comme déistes, théistes,athéistes, agnostiques, indifférents,humanistes, libres penseurs ou adeptes de divers courants philosophiques, sans que cette liste soit exhaustive. Dès lors, les statistiques sont parfois lacunaires. Une raison spécifique est que, dans certains contextes sociaux ou nationaux,il est parfois dangereux d’affirmer sa liberté de conscience.


Selon la définition du conseil constitutionnel, c’est pour quelqu’un la liberté de se définir au regard des actes qui traduisent ses convictions, y compris ses convictions religieuses…

Quoi de plus précieux pour la conscience que de pouvoir librement unifier la vie et lui donner sens ? Cette liberté est une grande chose. Elle est un progrès, une acquisition finalement assez récente dans nos sociétés. Elle est aujourd’hui presque devenue pour nous une évidence, et nous sommes choqués quand nous voyons que des croyants veulent imposer à d’autres leur religion. Pourtant, il n’est pas si loin le temps où tous les Français devaient être catholiques, moins encore celui où l’église considérait ceux qui lui échappaient comme des hérétiques !

HERETIQUE

Description Hérésie

Dans l’Antiquité, le mot hérésie désignait simplement une école de pensée : le jardin d’Épicure était une telle haíresis. Au fil des conciles qui définirent progressivement les dogmes chrétiens durant le premier millénaire de notre ère, la notion d’«hérésie» fut fréquemment opposée à celle d’«orthodoxie».

Le dictionnaire de l’Histoire : hérésie, hérétique.

Une hérésie est une opinion contraire à la religion établie, dans un pays où la pratique de celle-ci est obligatoire. Le mot vient du grec hairesis (action de prendre choix). L’adepte d’une hérésie est dit hérétique.

La chronique nous apprend que des hérétiques ont été pour la première fois livrés aux flammes à Orléans, en 1022. Mais dans la chrétienté occidentale, c’est seulement à partir du XIIe siècle que l’Église officielle se préoccupa de combattre les opinions déviantes autrement que par la prédication. C’est que celles-ci mettaient en cause son autorité et sa place au sommet de la société.

Les premières victimes de la chasse aux hérétiques furent les disciples de Pierre Valdo. Ils furent très vite suivis par les cathares ou Albigeois


Dans la société d’hier, il fallait afficher son appartenance par des rites, des symboles. Aujourd’hui, il n’est plus de bon temps d’afficher des croyances trop affirmées. La discrétion de chacun serait ainsi le prix de la liberté de tous. Mais en réalité, n’est-ce pas une autre loi qui s’impose ainsi ? D’un côté comme de l’autre, c’est toujours du conformisme. La liberté de croire ou de ne pas croire, nous croyons l’avoir…


Sommes-nous vraiment libres ?

En ce domaine, nous sommes fréquemment « DANS L’ILLUSION », dupes de l’opinion que nous avons de nous-mêmes.

Nous croyants être des chrétiens, le sommes-nous vraiment ? (de l’application des principes de la religion). Nous pensons être incroyants, mais ne sommes-nous pas en réalité pleins de multiples CROYANCES et de CONVICTIONS ? Le philosophe Nietzsche il y a plus d’un siècle le laissait déjà entendre aux plus strictes rationalistes de ses contemporains : n’êtes-vous pas, leur lançait-il, « encore pieux ? » (Le gai savoir, § 344).

Notre rapport à nos convictions est souvent ILLUSOIRE, peuplé de malentendus et de ZONES D’OMBRES…

Y aurait-il donc d’un côté une personne humaine libre et parfaitement indépendante de toute influence et de tout contexte culturel et spirituel, comme si son existence même ne dépendait pas de cette histoire de valeurs que nous n’avons pas « inventées » ?
Y aurait-il de l’autre côté des « faits religieux », des objets que nous que nous pourrions observer de l’extérieur comme si nous étions d’une autre galaxie, et que nous pourrions « consommer » en fonctions de nos goûts ?

En réalité, nous sommes embarqués sur un vaisseau dont les structures sont FAITES D’IDEAUX, DE REGLES, D’ASPIRATIONS qui ont traversé les siècles. Les philosophes qui ont bâti les fondations du monde moderne étaient  des chrétiens. Les personnes qui tentent de s’immerger vraiment dans une autre civilisation n’auront pas de toute une vie pour intérioriser vraiment les règles qui y commandent la façon de comprendre le monde et de vivre en homme…

La liberté de conscience risque d’être une notion vide, purement négative et ILLUSOIRE, si elle ne s’accompagne pas d’une réelle PRISE DE CONSCIENCE.

La liberté de conscience

Quand et comment la liberté de conscience
a-t-elle vu le jour en France ?

Quels principes, notamment bibliques,
ont soutenu son émergence ?
Retour aux sources historiques.

À quand remontent les origines de la liberté de conscience ? Le risque d’anachronisme est grand si l’on en cherche des traces, ne serait-ce qu’à titre de signes avant-coureurs, dans l’Antiquité grecque et dans la Bible. Et pourtant, les personnages d’Antigone (qui choisit d’accomplir les rites funéraires pour son frère Polynice malgré l’interdiction du roi Créon) et de Socrate (qui préfère obéir « au dieu plutôt qu’aux Athéniens » en continuant de philosopher) symbolisent la primauté de conscience sur les décisions des pouvoirs humains.

Il s’agit néanmoins de protestations isolées contre l’injustice, plutôt que d’un plaidoyer construit en faveur de la liberté de choix et de convictions. Il en va de même dans le corpus biblique, depuis les sages-femmes hébreux de l’Exode (qui refusent d’éliminer les bébés mâles de leur peuple. 1) jusqu’aux apôtres Pierre (« Il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes ». 2) et Paul (« Soumettez-vous aux autorités, non seulement par crainte mais par motif de conscience » 3) : la conscience (sunéïdèsis, en grec) s’apparente davantage au discernement de la volonté de Dieu qu’à l’affirmation de la légitimité de toute pensée singulière.

C’est cependant dans la tradition chrétienne qu’apparaîtra, au XVIe siècle, l’expression de la liberté de conscience au sens moderne. Significatif à cet égard est le débat entre Erasme et Luther, le premier prônant le « libre arbitre » de la conscience autonome. 4), et le second lui opposant le « serf arbitre », liberté de l’homme mais soumise à la Parole de Dieu. 5) La dialectique entre ces deux conceptions de la liberté de conscience se retrouvera tout au long de l’histoire de la pensée depuis la Renaissance. Dès les premiers temps de la Réforme, Sébastien Castellion ira plus loin qu’Erasme, en défendant, après la mise à mort de Michel Servet à Genève, le droit de douter à égalité avec le droit de croire. 6) Au XVIIe siècle, dans son Traité théologico-politique, Spinoza distingue liberté de pensée et liberté d’agir selon ses pensées, pour soutenir la légitimité totale de la première, qui ne menace en rien l’État tant qu’elle ne débouche pas sur des actes 7 ; une telle prudence ne préservera cependant pas cette oeuvre contre sa saisie, puis son interdiction.

Raïf Badawi

Prix Sakharov du Parlement européen (2015) Raïf Badawi, militant saoudien des Droits de l’Homme, a vaillamment continué de diffuser ses opinions libérales pourtant modérées, malgré les pressions des autorités. Il a défendu par écrit le droit à la liberté de pensée et à la liberté d’expression, y compris des athéistes, et a réclamé l’ouverture de la société aux opinions d’autrui. Reconnu coupable d’avoir créé un forum où circulaient des commentaires de nature ‘blasphématoire’, il a été condamné une première fois à sept ans de prison et à 600 coups de fouet en 2013,puis une deuxième fois en 2014 à 1 000 coups de fouet et à dix ans de prison, en plus d’une amende de 1 million de rials (226 000 euros). Après une première flagellation publique, le fouet a été suspendu, mais la prison confirmée. Raïf Badawi a reçu en 2015 le prix Sakharov du Parlement européen.

Parce que nous éprouvons des émotions, que nous avons des sentiments, et que nous sommes capables d’aimer : nous ne sommes donc pas des machines, nous avons une liberté de conscience…

NOTRE INTERET EST LA BOUSSOLE QUE SUIVENT NOS OPNINONS
« L’homme est perfectible parce que
c’est un être libre. »

La question de la connaissance, de la compréhension du vivant et surtout de l’Homme, a, de tout temps, suscité de nombreux débats. La philosophie orientale, dont nous sommes les héritiers, a le positionnement suivant : elle pense que l’idéal, le but de l’espèce humaine, est d’évoluer vers une connaissance exhaustive d’elle-même en étudiant l’Homme comme un être harmonieux et autonome. A l’inverse, Descartes, propose un modèle, dit mécaniste, dans lequel l’Homme est considéré comme étant ni plus ni moins qu’une machine. Ainsi, se pose la question : qu’est-ce que le vivant ?

Définition du vivant

  • organisme, ensemble constitué par des éléments ou organes remplissant des fonctions différentes et coordonnées
  • définition plus « technique » : ensemble unifié et relativement autonome, présentant des fonctions spécifiques : la reproduction, l’action de se nourrir ; la résistance à l’extérieur, en même temps que le besoin d’être en relation continuelle avec lui

Qu’y a-t-il d’exceptionnel dans cette définition ?
Pour être organisé, un être ne doit-il pas avoir quelque chose comme une âme… ou être produit, peut-être, par quelque chose comme une âme ?

On se demandera ici si la finalité dont paraît être doté cet être est réelle, ou seulement une illusion toute humaine
On veut d’abord savoir de quel genre d’être on parle, et ensuite on se demandera si c’est seulement parce que la technique remet en question la condition humaine et sa terre d’accueil….

Si l’on interroge aujourd’hui un étudiant en sciences, il nous dira que l’être vivant n’est pas un être exceptionnel. Cette réponse était déjà celle de Descartes au 17e, et domine aujourd’hui les livres scolaires. On appelle cette conception le mécanisme. Qu’est-ce que le mécanisme ?

L’homme, en tant qu’organisme (possédant une unité harmonique et un caractère) et que structure autonome constituée de « parties » (organes par exemple) qui forment un tout car elles sont interdépendantes ce qui signifie que le fonctionnement d’une partie est tributaire de celui des autres et que ces parties participent toutes à un fonctionnement global, à une fin commune, au projet de cet organisme (projet immanent à sa structure) : le maintien de l’être vivant en vie. Et chaque être vivant est un individu au sens où il forme une unité distincte de toutes les autres et qui ne peut être divisée sans être détruite car toutes les « parties » dépendent les unes des autres. Ainsi lorsqu’un problème philosophique fait intervenir le « vivant » c’est bien de l’Homme qu’il est question et non pas de tous les êtres vivants qui peuplent la Terre.

Nous ne sommes pas en notre corps comme un
« pilote en son navire » (Descartes)


-  Le corps machine n’est pas simplement extérieur à nous : il interagit sur notre esprit et si cet esprit commande au corps, le corps lui aussi détermine l’esprit. Pour que l’image du pilote et de son navire soit valable, il faudrait imaginer une relation philo-génétique entre lui et son bateau, par exemple qu’il soit le fils du bateau.

- Toute interprétation mécaniste des comportements humains est vouée à l’échec : exemple de Laborit et des interprétations neuro-physiologiques.
o Laborit propose de réduire les comportements humains à 4 comportements de base, que nous partagerions avec les animaux : la satisfaction, la fuite, l’agression, l’inhibition.
o il ne voit dans le langage qu’’un « alibi langagier » à ces conduites primitives…

- mais tous les comportements humains ne peuvent s’expliquer de manière aussi mécanique : comment par exemple expliquer l’héroïsme, le don de soi, ou encore l’altruisme par de simples réactions psychiques liées à ces déterminations archaïques ?

Le déterminisme mécaniste des sciences biologiques voudraient réduire l’homme à n’être qu’une machine. Or vous pouvons bien montrer que ceci n’est possible qu’au prix d’une réduction : l’homme est toujours au delà, en bien ou en mal de la simple animalité.

Parce que nos réactions ne sont pas pré-déterminées, nous ne sommes pas des machines.
L’homme est un être en devenir : nul ne peut dire ce que va devenir un être humain dans le cours de sa vie : les être humains sont perfectibles, ce que ne sont pas les machines qui correspondent à un programme pré-établi.

LA LIBERTE D'AIMER EST LE MEME DROIT QUE LA LIBERTE DE PENSER

La notion de liberté :


L’homme est perfectible dans la mesure où il est défini essentiellement comme un être en puissance, non en acte ; par opposition à l’animal dont les caractéristiques spécifiques sont immuables, par rapport à la machine qui ne peut être différente de ce pour quoi elle a été conçue, l’homme est un être en devenir.

- l’homme n’est pas informé héréditairement comme l’animal qui possède dès sa naissance un instinct (Canguilhem). Ceci a pour l’animal la conséquence d’être parfaitement aliéné aux conditions naturelles. Il n’y a pas de milieu naturel à l’homme : par son travail l’homme invente son propre milieu. Il est donc contraint à la perfectibilité, il est contraint à « s’inventer lui-même. »

- On peut aussi donner un sens moral à cette maxime. A la naissance nous ne sommes originellement rien : c’est après, après l’existence que nous allons devenir et ce que nous deviendrons aura des conséquences plus larges : en nous choisissant nous choisissons aussi les autres hommes ! (Sartre).

- Refuser ce devenir, refuser de considérer que rien n’est joué de notre être avant la dernière heure, c’est aussi refuser notre condition d’homme. On pourrait appliquer à l’homme cette maxime que Bachelard attribuait à la science : dans l’homme « rien n’est donné, tout est construit ». On ne naît pas femme on le devient, disait S. de Beauvoir : on pourrait aussi bien dire, on ne naît pas homme, on le devient.

C’est dans la condition de l’homme de devoir en permanence créer l’image qu’il veut pour l’humanité. L’homme est un être en devenir, la perfectibilité est donc au centre de son être. La machine, elle, si elle évolue, ne le fait que par l’intervention de l’homme, et dans une mesure qui est toujours déterminée par lui.

- Ce qui était pour nous une carence va finalement se révéler être une chance. C’est parce qu’il naît immature que l’homme est libre. Ainsi, il a dû inventer des techniques pour survivre, mais en même temps il a découvert qu’il pouvait dans une certaine mesure se rendre indépendant de la nature, en tous cas qu’il pouvait remédier à sa faiblesse de dotation naturelle, que constate Kant.

- Etre libre c’est aussi ne pas subir la loi de la nécessité et du besoin, mais être capable « d’obéir à la loi que l’on se donne » (Rousseau). Les êtres humains vont soumettre toute l’énergie de leur vouloir pour satisfaire un but qu’ils se donnent librement. La nécessité est incapable d’expliquer à elle seule les prodiges de technique que l’homme est capable de réaliser. C’est au prix d’un effort volontaire, d’une capacité à « plier sa volonté à un projet » que se définit sa conscience. Cette dimension de la liberté nous distingue donc de l’être déterminé qu’est la machine.

- C’est originairement parce qu’il ne se confond pas avec ses objets, parce qu’il se constitue comme un sujet en face de ses objets, au lieu de se laisser absorber par eux, que l’homme est conscient et perfectible. Du chien qui ronge son os, on pourrait aussi bien dire qu’il est rongé par l’os, puisqu’il n’est plus que cela, un plaisir lié à une chose.

Face à la moindre de ses idées, l’homme conscient est libre : il la regarde comme un objet, susceptible d’être critiquée, comprise, évaluée par d’autres que lui, comme quelque chose d’autre que lui qu’il peut modifier.
Image associéeLa pensée va accepter le risque du monde, y rencontrer les autres et se modifier au gré de ces échanges. Elle va se perfectionner. Elle interagit sur d’autres pensées. Voici un ensemble qui ne peut se ramener à un schéma mécaniste : parce qu’il est en devenir, parce qu’il est un réseau de relations, l’homme n’est pas une machine.

Conclusion : L’homme est un être perfectible parce qu’il est conscient et ne se confond jamais avec ses objets. Il peut développer ses connaissances car il n’est « jamais satisfait du sens trouvé ».

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Le lavage de cerveaux en liberté…

Entretien de Daniel Mermet avec Noam Chomsky

Lavage de cerveau

(…)  Daniel Mermet : Chaque fois qu’on demande à un journaliste vedette ou à un présentateur d’un grand journal télévisé s’il subit des pressions, s’il lui arrive d’être censuré, il réplique qu’il est entièrement libre, qu’il exprime ses propres convictions.

 Noam Chomsky : Quand des journalistes sont mis en cause, ils répondent aussitôt : « Nul n’a fait pression sur moi, j’écris ce que je veux. » C’est vrai. Seulement, s’ils prenaient des positions contraires à la norme dominante, ils n’écriraient plus leurs éditoriaux. La règle n’est pas absolue, bien sûr ; il m’arrive moi-même d’être publié dans la presse américaine, les Etats-Unis ne sont pas un pays totalitaire non plus. Mais quiconque ne satisfait pas certaines exigences minimales n’a aucune chance d’être pressenti pour accéder au rang de commentateur ayant pignon sur rue.

(…) Le système de contrôle des sociétés démocratiques est fort efficace ; il instille la ligne directrice comme l’air qu’on respire. On ne s’en aperçoit pas, et on s’imagine parfois être en présence d’un débat particulièrement vigoureux. On procède, en quelque sorte, au « lavage de cerveaux en liberté ». Au fond, c’est infiniment plus performant que les systèmes totalitaires.

Prenons, par exemple, le cas de l’Allemagne au début des années 1930. On a eu tendance à l’oublier, mais c’était alors le pays le plus avancé d’Europe, à la pointe en matière d’art, de sciences, de techniques, de littérature, de philosophie. Puis, en très peu de temps, un retournement complet est intervenu, et l’Allemagne est devenue l’Etat le plus meurtrier, le plus barbare de l’histoire humaine.

Tout cela s’est accompli en distillant de la peur : celle des bolcheviks, des Juifs, des Américains, des Tziganes, bref, de tous ceux qui, selon les nazis, menaçaient le cœur de la civilisation européenne, c’est-à-dire les « héritiers directs de la civilisation grecque ». En tout cas, c’est ce qu’écrivait le philosophe Martin Heidegger en 1935. Or la plupart des médias allemands qui ont bombardé la population avec des messages de ce genre ont repris les techniques de marketing mises au point… par des publicitaires américains.

(…) Ainsi, lorsqu’une personne exerce son pouvoir sur une autre – que ce soit un dictateur, un colon, un bureaucrate, un mari ou un patron, – elle a besoin d’une idéologie justificatrice, toujours la même : cette domination est faite « pour le bien » du dominé. En d’autres termes, le pouvoir se présente toujours comme altruiste, désintéressé, généreux.

(…) L’industrie des relations publiques produit, au sens propre du terme, du consentement, de l’acceptation, de la soumission. Elle contrôle les idées, les pensées, les esprits. Par rapport au totalitarisme, c’est un grand progrès : il est beaucoup plus agréable de subir une publicité que de se retrouver dans une salle de torture !

(…) En France, au Royaume-Uni et, me semble-t-il, dans le reste de l’Europe, la liberté d’expression est définie de manière très restrictive. A mes yeux, la question essentielle est : l’Etat a-t-il le droit de déterminer ce qu’est la vérité historique, et celui de punir qui s’en écarte ? Le penser revient à s’accommoder d’une pratique proprement stalinienne.

(…) J’ajoute qu’il y a quelque chose d’affligeant et même de scandaleux à devoir débattre de ces questions deux siècles après Voltaire, qui, comme on le sait, déclarait : « Je défendrai mes opinions jusqu’à ma mort, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez défendre les vôtres. » Et c’est rendre un bien triste service à la mémoire des victimes de l’Holocauste que d’adopter une des doctrines fondamentales de leurs bourreaux.

 D.M. : Dans un de vos livres, vous commentez la phrase de Milton Friedman : « Faire des profits est l’essence même de la démocratie »

 N.C. : A vrai dire, les deux choses sont tellement contraires qu’il n’y a même pas de commentaire possible… La finalité de la démocratie, c’est que les gens puissent décider de leur propre vie et des choix politiques qui les concernent. La réalisation de profits est une pathologie de nos sociétés. adossée à des structures particulières. Dans une société décente, éthique, ce souci du profit serait marginal. (…)

 D.M. : Dans l’ouvrage qui vous est consacré aux éditions de I’ Herne, Jean Ziegler écrit : « Il y a eu trois totalitarismes : le totalitarisme stalinien, nazi et maintenant c’est Tina [1]. » Compareriez-vous ces trois totalitarismes ?

 N.C. : Je ne les mettrais pas sur le même plan. Se battre contre « Tina », c’est affronter une emprise intellectuelle qu’on ne peut pas assimiler aux camps de concentration ni au goulag. Et, de fait, la politique des Etats-Unis suscite une opposition massive à l’échelle de la planète. (…) Le programme économique néolibéral, qui a été imposé de force à toute l’Amérique latine dans les années 1980 et 1990, est aujourd’hui rejeté dans l’ensemble du continent. (…)

 D.M. : On vous range dans la catégorie des anarchistes ou des socialistes libertaires. Dans la démocratie telle que vous la concevez, quelle serait la place de l’état ?

 N.C. : On vit dans ce monde, pas dans un univers imaginaire. Dans ce monde, il existe des institutions tyranniques, ce sont les grandes entreprises. C’est ce qu’il y a de plus proche des institutions totalitaires. Elles n’ont, pour ainsi dire, aucun compte à rendre au public, à la société ; elles agissent à la manière de prédateurs dont d’autres entreprises seraient les proies. Pour s’en défendre, les populations ne disposent que d’un seul instrument : l’Etat. Or ce n’est pas un bouclier très efficace, car il est, en général, étroitement lié aux prédateurs. A une différence, non négligeable, près : alors que, par exemple, General Electric n’a aucun compte à rendre, l’Etat doit parfois s’expliquer auprès de la population. (…)

(Propos recueillis par Daniel Mermet, revus et corrigés par l’auteur.)

Extraits de l’entretien avec Noam ChomskyLe Monde diplomatique, Août 2007, N° 641.

Notes

[1] Tina, initiales de « There is no alternative » (« il n’y a pas de solution de rechange »), propos de Mme Margaret Thatcher posant le caractère inéluctable du capitalisme néolibéral, qui n’est qu’une forme possible de « mondialisation…».

Alors, considérez-vous toujours les médias de la même façon ? Cela reste à méditer n’est-ce pas ?

LES NEUF COMMANDEMENTS

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(…) Les temps actuels nous demandent la conjonction de l’éthique et de la politique dans une anthro-politique qui intègre en elle les impératifs de l’éthique planétaire, qui ne peut s’affirmer qu’à partir de prises de conscience capitales :

1. La prise de conscience de l’identité humaine commune à travers les diversités d’individualité, de culture, de langue.

2. La prise de conscience de la communauté de destin qui lie désormais chaque destin humain à elui de la planète, y compris dans sa vie quotidienne.

3.*La prise de conscience que les relations entre humains sont ravagées par l’incompréhension, et que nous devons nous éduquer à la compréhension non seulement des proches, mais aussi des étrangers et lointains de notre planète.

4. La prise de conscience de la finitude humaine dans le cosmos, qui nous conduit à concevoir que, pour la première fois dans son histoire, l’humanité doit définir les limites de son expansion matérielle et corrélativement entreprendre son développement psychique, moral et spirituel.

5. La prise de conscience écologique de notre condition terrienne, qui comprend notre relation vitale avec la biosphère. La Terre, ce n’est pas l’addition d’une planète physique, d’une biosphère et d’une humanité. La Terre est une totalité complexe physique-biologique-anthropologique, où la Vie est une émergence de l’histoire de la Terre et l’homme une émergence de l’histoire de la vie. La relation de l’homme à la nature ne peut être conçue de façon réductrice ou de façon disjointe. L’humanité est une entité planétaire et biosphérique. L’être humain, à la fois naturel et surnaturel, doit se ressourcer dans la nature vivante et physique, dont il émerge et dont il se distingue par la culture, la pensée et la conscience. Notre lien consubstantiel avec la biosphère nous conduit à abandonner le rêve prométhéen de la maîtrise de la nature pour l’aspiration à la convivialité sur terre.

6. La prise de conscience de la nécessité vitale du double pilotage de la planète : la combinaison du pilotage conscient et réflexif de l’humanité avec le pilotage éco-organisateur inconscient de la nature.

7. La prise de conscience civique planétaire, c’est-à-dire de la responsabilité et de la solidarité envers les enfants de la Terre.

8. La prolongation dans le futur de l’éthique de la responsabilité et de la solidarité avec nos descendants [2], d’où la nécessité d’une conscience à téléobjectif visant haut et loin dans l’espace et le temps.

9. La prise de conscience de la Terre-Patrie comme communauté de destin d’origine/de perdition. L’idée de Terre-Patrie ne nie pas les solidarités nationales ou ethniques, et ne tend nullement à déraciner chacun hors de sa culture. Elle adjoint à nos enracinements un enracinement plus profond dans la communauté terrienne. L’idée de Terre-Patrie se substitue au cosmopolitisme abstrait qui ignorait les singularités culturelles et à l’internationalisme myope qui ignorait la réalité des patries. Elle apporte à la fraternité la source nécessaire de la maternité incluse dans le terme de « Patrie ». Pas de frères sans mère. À cela j’ajoute une communauté de perdition, puisque nous savons que nous sommes perdus dans le gigantesque univers, et que nous sommes tous voués à la souffrance et à la mort.

La mission anthropo-éthicopolitique du millénaire est d’accomplir l’unité planétaire dans la diversité.

Elle est de surmonter l’impuissance de l’humanité à se constituer en humanité, d’où la nécessité d’une politique de l’humanité [3].

Elle est de civiliser la Terre, menacée par le déchaînement des anciennes barbaries et la généralisation de la nouvelle barbarie glacée propre à la domination du calcul techno-économique, d’où la nécessité d’une politique de civilisation.

Elle est de réguler les quatre moteurs, déchaînés qui propulsent le vaisseau spatial Terre vers l’abîme :

(…) chacun des moteurs comporte une carence éthique radicale : la science exclut tout jugement de valeur et tout retour sur la conscience du scientifique ; la technique est purement instrumentale ; le profit envahit tous les domaines, y compris les êtres vivants et leurs gènes.

(…) L’humanisme planétaire est à la fois producteur et produit de l’éthique planétaire. L’éthique planétaire et l’éthique de l’humanité sont synonymes.

Il est remarquable que les premières grandes synthèses anthropo-éthiques soient venues non d’Occidentaux, mais de penseurs indiens intégrant les apports occidentaux (Ramakrishna, Vivekananda, Aurobindo).

Il est remarquable que les véritables autorités éthiques de notre planète, qui ont accédé à la conscience du problème général et de l’intérêt général de l’humanité, ont été ou sont des personnalités non occidentales : Gandhi, Nelson Mandela, le Dalaï-Lama, Octavio Paz, Aimé Césaire, Raimondo Pannikar.

Il est remarquable que les maux qui menacent la planète (pollution, péril nucléaire, manipulations génétiques, destructions culturelles, etc.) soient tous les produits de la rationalité occidentale (Wojciechowski). Le terrorisme planétaire lui-même, dans sa volonté de détruire l’Occident, n’a pu se développer que grâce aux techniques de l’Occident.

Il est non moins remarquable que droits de l’homme, droits de la femme, démocratie, laïcité sont nés en Occident. L’éthique planétaire ne peut être que symbiotique.

Extraits de Edgar MorinLa méthode 6 : éthique, p.183, Paris : Editions du Seuil, 2004, (Seuil, « Points Essais », n°555, 2006).

Notes

[1] agonique : de agonie

[2] Hans Jonas, Le Principe responsabilité. Une éthique pour la civilisation technicienne, Éd. du Cerf, 1995.

[3] La politique de l’humanité envisagerait les différents problèmes tels qu’ils se posent dans les différentes régions du globe ; elle viserait à assurer en priorité matérielle les disponibilités en eau, aliments, énergie, médicaments, et en priorité morale la réduction de la subordination et de l’humiliation dont souffre la plus grande partie de la population du globe…

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